Communiqué du CPJPO Luxembourg, le 10 juillet 2026

Dans un contexte d’instabilité accrue du Proche-Orient, la Cisjordanie occupée connaît une accélération dramatique de la colonisation et des projets d’annexion. Chaque jour qui passe éloigne un peu plus la perspective d’un État palestinien viable. Pendant ce temps, la communauté internationale multiplie les déclarations de principe sans agir. L’Union européenne, pourtant si prompte à invoquer les droits humains et le respect du droit international, demeure largement spectatrice.

Aujourd’hui, plus de 700 000 colons israéliens vivent illégalement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Depuis l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite israélienne, la colonisation s’est intensifiée à un rythme sans précédent. Les colonies, les routes qui les relient, les murs et les barrages morcellent le territoire palestinien en une mosaïque d’enclaves, rendant la libre circulation presque impossible et vidant progressivement de son sens la perspective d’un État palestinien.

Dans le nord de la Cisjordanie, autour de Jénine, Tulkarem et Nur Shams, l’armée israélienne mène des opérations qui provoquent des déplacements forcés de population à grande échelle. Camps de réfugiés, habitations, routes, réseaux d’eau, d’électricité et d’assainissement sont systématiquement détruits, transformant des quartiers entiers en champs de ruines.

Le CPJPO a récemment été informé de nouvelles destructions de maisons et de déplacements forcés dans les environs de Jénine afin d’y établir une zone militaire israélienne, alors que cette région relève de la zone A, placée sous contrôle de l’Autorité palestinienne depuis les accords d’Oslo II. De plus, le domicile familial de la responsable locale de notre projet « Not to Forget », cofinancé par le ministère luxembourgeois de la Coopération, a été perquisitionné de nuit par l’armée israélienne, illustrant la pression croissante exercée sur la population civile.

Parallèlement, les projets de nouvelles colonies illégales se multiplient. Autour de Jénine, quatorze nouvelles implantations sont en préparation dont une à l’emplacement même du camp de Jénine détruit par l’armée, favorisant l’installation de colons radicaux dont les violences contre la population palestinienne ne cessent de s’intensifier.

Le constat est désormais difficile à contester : sur le terrain, la solution à deux États est méthodiquement démantelée. L’État palestinien n’est plus qu’une promesse sans territoire et l’annexion de facto de la Cisjordanie progresse inexorablement.

Face à cette réalité, les professions de foi en faveur des droits humains et du droit international sonnent de plus en plus creux. Au Luxembourg comme au sein de l’Union européenne, chacun connaît les faits. Pourtant, les condamnations restent timides, les sanctions inexistantes et les relations politiques, économiques et diplomatiques avec Israël se poursuivent comme si de rien n’était.

Le 6 juillet dernier, le ministre Xavier Bettel rappelait que la devise luxembourgeoise « Mir wëlle bleiwe wat mir sinn » ne signifie pas « Mir wëlle stoe bleiwe wou mir stinn ». Ces mots devraient aussi guider notre politique étrangère. Car face à un gouvernement israélien dont le Premier ministre fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre, persister dans le « business as usual » revient à accepter l’inacceptable.

L’histoire jugera les actes. Elle jugera aussi les silences.

#FreePalestine#WestBank#luxembourg

By T. M.