Article de l’AFPS – Photo : Des colons israéliens attaquent le village de Beitillu à l’ouest de Ramallah et incendient des véhicules civils palestiniens le 26 juillet 2026. Crédit : Eye on Palestine.
Depuis la mise en place en Israël du gouvernement d’extrême droite, raciste et suprémaciste fin 2022, les colons israéliens, armés par dizaines de milliers par le ministre de la sécurité intérieur Ben Gvir, ont constitué des milices qui sèment la terreur dans les communautés palestiniennes dont ils ont volé les terres pour y installer avant-postes et colonies. Parallèlement l’État d’Israël accroît son emprise sur la Palestine occupée par des routes et des infrastructures destinées aux colons.
Au fil des années, les colons et l’armée israélienne ont pu constater que ladite communauté internationale leur accorde une totale impunité. Ils vont toujours plus loin dans leurs agressions et de manière totalement débridée depuis octobre 2023 : destruction de cultures, oliviers arrachés ou brûlés, cultures et récoltes empêchées, réseaux et ressources en eau pillés et détruits, agressions physiques allant jusqu’à l’assassinat délibéré, égorgement ou vol du bétail, incendie de maisons, de bâtiments agricoles ou industriels, de mosquées, et vol de maisons. L’armée d’occupation, comme elle l’a toujours fait, protège les colons et arrête les Palestinien-nes s’ils se défendent. C’est l’horreur d’une occupation coloniale sans fin. Les communautés agricoles vivant en zones C ont presque toutes été contraintes de partir pour sauver leurs vies. Les colons s’attaquent maintenant aux villages de zone B et l’armée installe des camps militaires en zone A. Un nettoyage ethnique délibéré, qui n’a jamais cessé depuis 1947. L’annexion de la Cisjordanie est un fait que nul ne peut ignorer et contre lequel l’inaction de nos États est de fait de la complicité.
L’augmentation exponentielle de la terreur semée par les colons, tout comme le silence qui l’entoure laissent les Palestinen-nes seul-es et sans défenses. Vendredi 24 juillet 2026, quatre habitants du village de Tell ont été assassinés. Ils avaient tenté de défendre leurs biens contre la vingtaine de colons venus pour la énième fois s’en prendre au village et à ses habitants. Un Palestinien s’est emparé d’une des armes et a tiré sur deux colons qui menaçaient des membres de sa famille. Ils l’ont ensuite assassiné alors qu’il avait déposé l’arme.
Le gouvernement israélien et l’opposition à l’unisson ont présenté les colons israéliens comme des victimes et les victimes palestiniennes comme des terroristes. Les appels à la vengeance et à la haine se sont répandus comme traînées de poudre. Quelques rares voix israéliennes tentent de rétablir la réalité des faits.
Depuis, nuit et jour, c’est un déferlement de hordes de colons dans toute la Cisjordanie occupée. Ils sont filmés en train de brûler des bâtiments, arracher des oliviers, agresser personnes et bétails, tirer sur des hommes désarmés. L’armée les protège, envahit les maisons, tire des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes sur les populations. Elle bloque les ambulances et envahit les hôpitaux, pénètre dans les villes palestiniennes, gaze les journalistes, sème la terreur et procède à de très nombreuses arrestations, y compris d’enfants, et dresse toujours plus de check-points.
Faut-il une nouvelle fois rappeler que la colonisation est un crime de guerre, que l’occupation du territoire palestinien a été déclaré illégale par la Cour internationale de Justice le 19 juillet 2024 et que le 18 septembre suivant, l’Assemblée générale de l’ONU avait donné un an à Israël pour le quitter, démanteler les colonies et accorder aux Palestiniens les compensations auxquelles ils et elles ont droit ? Seuls quelques rares États comme l’Espagne se sont acquittés de leurs obligations votées à cette occasion et destinées à faire pression sur Israël. La plupart dont la France se sont contentés de sanctionner sans conséquence quelques colons qui n’en ont rien à faire et continuent d’orchestrer la stratégie d’Israël à l’œuvre depuis des décennies : rendre la vie des Palestiniens impossible pour les forcer à partir.
Bientôt trois ans de génocide à Gaza mais nos gouvernements et l’Union européenne refusent toujours obstinément de prendre la moindre sanction contre Israël, seul moyen de marquer un coup d’arrêt à cet État criminel. Le seul droit qu’Israël a sur le territoire palestinien qu’il occupe depuis 1967 est de le quitter immédiatement. Au lieu de cela Netanyahou vient d’annoncer l’accélération de la légalisation d’avant-postes et l’implantation de nouveaux. Israël met en place les conditions pour transformer le nettoyage ethnique de la Cisjordanie en génocide.
Ces gouvernements si prompts à rappeler le droit d’Israël à se défendre doivent lui rappeler qu’il doit protection et assistance aux populations qu’il occupe et surtout qu’il doit mettre fin à cette occupation et cette colonisation illégales.
Face aux crimes de guerre, crimes contre l’humanité et au crime de génocide dont le peuple palestinien est victime et face à l’impossibilité qui lui est faite de se défendre, nous enjoignons les États membres des Nations unies, dont la France et les pays de l’Union européenne, de prendre immédiatement des sanctions contre Israël et de déployer une force de protection des populations civiles. Sans attendre : rompre toute relation économique, diplomatique, culturelle avec Israël en commençant par décréter un embargo sur les armes !
Le Bureau national de l’AFPS
Le 27 juillet 2026

