« Une extraordinaire ambassadrice de la Palestine, une humaniste et une intellectuelle d’envergure. Leila avait le talent pour interpeller ses interlocuteurs et les forcer au respect de sa cause, qu’il s’agisse d’un haut fonctionnaire européen, d’un ministre ou d’un journaliste.
Leila vivait pour la Palestine, 24 h sur 24, aux côtés de celles et ceux pour qui le droit du peuple palestinien constituait un enjeu majeur dans la construction d’une Méditerranée de coexistence, de coopération et de paix.
Pendant son mandat en France, puis en Belgique, au Luxembourg et Europe, nous l’avons invitée à plusieurs reprises; elle n’a jamais dit non ; elle avait même pris l’habitude de venir à Luxembourg pour la Fête Nationale et venait loger à la maison, dans la plus grande simplicité, et rencontrer une vingtaine de membres de notre association et de la société civile de notre pays. Car elle voulait rester proche des militants de la base.
Je l’ai eue la dernière fois au téléphone au mois de juillet dernier, où elle récupérait d’une longue hospitalisation à Beyrouth, après avoir cherché à l’inviter une fois encore le 20 juin pour la vision ensemble du film qui lui était consacré ainsi qu’à sa maman, Mémoires de Palestine. Elle était déjà assez désespérée. Et avait déjà fait une première tentative de suicide. Vu le sort fait à son peuple par l’État d’Israël soutenu par l’impunité des puissances occidentales, elle n’a plus eu la force de tenir et a décidé de partir. Définitivement cette fois.
Nous ne pouvons la blâmer. Nous ne pouvons qu’espérer, au-delà de toute espérance, et reprendre le flambeau qu’elle nous a laissé. Nous y sommes décidés. Ensemble. »
Michel LEGRAND

