événement

Ciné-Club Proche-Orient:  » Foxtrot »

! Sous réserve de l’évolution de la crise sanitaire !

Entrée libre / Circolo Curiel 107 Route d’Esch, Luxembourg-Hollerich

Samuel Maoz / 2018 / 1:53 / Israël, Suisse, Allemagne, France / drame / Lion d’argent à la Mostra de Venise / VO stfr

A travers une histoire de famille, le réalisateur israélien interroge l’évolution de son pays, l’identité et le devenir de l’Etat juif. Le réalisateur de Lebanon, Lion d’or en 2009, décrit la dérive mortifère et sacrificielle de son pays, enlisé dans une paranoïa belliqueuse.

Le film a soulevé une énorme polémique en Israël à cause de la critique de la ministre de la Culture, Miri Regev, qui a proclamé qu’il donnait une mauvaise image de l’armée israélienne : « Miri Regev n’a jamais vu le film, ce qui ne l’a pas empêché de l’attaquer avec des arguments absurdes en falsifiant complètement son contenu dont elle se moque complètement : la seule chose qui l’intéresse c’est de flatter son électorat de droite, quitte à véhiculer des fake news… Paradoxalement, elle a beaucoup aidé Foxtrot en assurant sa promotion dans les médias, et le film est devenu un succès commercial en Israël. Mais sur le fond, bien que le film soit une fiction, je peux évoquer des cas dont j’étais témoin durant mon service militaire où les autorités de l’armée ont couvert des dérives, parfois des crimes, commis par des soldats. La réaction de Miri Regev ne fait que confirmer le propos du film, à savoir que chaque oeuvre qui remet en question ce mythe de la menace permanente qui pèse sur Israël, est immédiatement perçue elle-même comme une menace qu’il faut absolument écarter ».

« Israël est marqué à jamais par la Shoah, la plus grande tragédie que l’humanité ait connue au siècle passé. À plusieurs égards, Israël doit aussi son existence à la Shoah, car c’était un devoir pour les nations d’accorder un foyer à ce peuple massacré. Mais aujourd’hui, il faut le reconnaître, la Shoah est instrumentalisée en Israël à des fins idéologiques et politiques, parfois d’une manière très cynique. Elle permet d’enfermer Israël dans le statut d’éternelle victime. Ainsi, en enracinant l’idée, fausse à mes yeux, que le pays est toujours menacé par un nouveau génocide (la menace iranienne, par exemple), le gouvernement actuel justifie sa politique nationaliste, sécuritaire, répressive, au mépris de toute solution de compromis avec les Palestiniens et avec les pays arabes. Israël est donc intimement lié à son passé, à la mémoire de la Shoah, mais en en faisant un instrument idéologique, le pays devient aussi esclave de cette mémoire », analyse Samuel Maoz : ALLO.CINÉ