Un rapport collectif : « Enfances brisées – les mineurs palestiniens dans le viseur de la répression israélienne »

Chaque nouvel épisode de tension entre Israéliens et Palestiniens engendre une recrudescence des arrestations. Ainsi, entre début octobre et fin décembre 2015, Israël a arrêté plus de 2663 Palestiniens, dont 479 enfants. Les arrestations de masse et la violence qui les accompagne témoignent d’un système de détention militaire utilisé par les autorités israéliennes comme un outil de punition collective de la société palestinienne qui conteste l’occupation.

L’armée, la police et la justice militaire sont les principaux protagonistes de ce système qui cible un large spectre de Palestiniens, qu’ils soient hommes, femmes, adultes, enfants, journalistes, universitaires ou députés.

Les enfants sont parmi les premières victimes de la répression. Le nombre d’arrestations de mineurs a augmenté de 15% en moyenne en 2015, et de 179% juste entre les mois d’octobre et décembre. Fin mars 2016, il y avait 438 mineurs en détention dont 98 avaient moins de 16 ans.

D’après les informations de terrain collectées par les associations palestiniennes, israéliennes et internationales travaillant au contact de ces mineurs, les autorités israéliennes ciblent délibérément la jeunesse palestinienne. Les arrestations, interrogatoires et condamnations semblent viser autant à punir les enfants qu’à les dissuader, eux et leurs familles, de militer contre l’occupation.

Il ressort des témoignages des psychologues, avocats, travailleurs sociaux, défenseurs des droits de l’Homme, ainsi que des mineurs ex-détenus et de leurs parents, qu’à travers l’arrestation des enfants, c’est la société palestinienne dans son ensemble qui est fragilisée. La détention plane comme une épée de Damocles sur la communauté et la mine de l’intérieur à travers les séquelles qu’elle laisse chez ceux qui l’ont subie et leurs proches : déscolarisation, dépression, peur d’une nouvelle arrestation, peur de la torture, désintégration des liens familiaux et sociaux sont certaines des conséquences dévastatrices de la détention des enfants.

Le traumatisme des ex-détenus est nourri d’un sentiment d’injustice. Les violations des droits de l’Homme qui accompagnent les arrestations, les interrogatoires, les procédures devant la justice militaire et qui jalonnent tout le parcours de détention se font en toute impunité.

Ce faisant, au-delà des dommages immédiats infligés à la communauté, la politique de répression des enfants impacte l’avenir de la société palestinienne et, à travers elle, le succès de tout processus de paix. Car les mineurs, actuellement aux prises avec le système militaire israélien, sont les citoyens qui construisent le futur de la Palestine.

L’arrêt de la politique de détention généralisée et la fin de l’impunité sont les deux conditions sine qua non pour l’établissement d’une paix durable. Plutôt que d’être relégués au second plan, ils devraient à ce titre être au cœur des discussions et des négociations.

L’objet de ce rapport est d’appeler les autorités israéliennes d’une part, et la communauté internationale d’autre part, à tout mettre en œuvre pour mettre fin à cette machine destructrice d’avenir qu’est actuellement le système de détention militaire israélien.

Les organisations signataires de ce rapport et celles qui le soutiennent exigent qu’Israël, en tant que puissance occupante, respecte les droits civiques des mineurs palestiniens conformément aux normes internationales en vigueur en matière de droits de l’Homme et de droit international humanitaire auxquels elle est assujettie, et demande à la France de faire pression sur l’état d’Israël pour qu’il se conforme aux normes internationales relatives aux droits de l’Homme : RAPPORT

Rapport publié en avril 2016 : co-signé par l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), l’AFPS (Association France Palestine Solidarité), la Ligue des droits de l’homme, la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine et Yes Theater, avec le soutien d’Addameer, de Defense for children international-Palestine et de la Voix de l’enfant. 

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