Suspension de l’aide européenne à la Palestine ?

Le Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient s’indigne face à la menace de l’Union européenne de suspendre son aide au gouvernement palestinien. Une telle décision aggraverait de manière dramatique les conditions de vie des populations palestiniennes, déjà exsangues et portées en deçà du seuil de pauvreté par une situation économique rendue désastreuse par la persistance de l’occupation.

Une telle décision serait profondément injuste et politiquement erronée ; une illustration de plus de la politique du « deux poids, deux mesures » de l’Union européenne et des Etats-Unis. Une politique qui inverse totalement les termes du conflit, exigeant du peuple occupé ce qu’on n’exige pas de l’occupant : Car Israël, depuis sa création, ne reconnaît ni les droits ni même l’existence du peuple palestinien, il continue de jour en jour les violences contre une population sans défense, il ne respecte ni les nombreuses résolutions des Nations unies, ni les termes de la 4e Convention de Genève, ni l’avis de la Cour Internationale de Justice concernant la construction du Mur à l’intérieur de la Cisjordanie. Il poursuit enfin sa stratégie unilatérale d’annexion et de violation du droit international, documentée par le récent rapport des diplomates européens eux-mêmes et interdit à la publication par les Ministres des Affaires Etrangères des 25.

La décision de couper les aides aux Palestiniens s’apparenterait à une punition collective et à un refus d’accepter les résultats d’un scrutin dont l’Union européenne a pourtant reconnu le caractère transparent et démocratique. Elle méconnaîtrait enfin les ouvertures, prudentes mais réelles, exprimées par divers responsables du Hamas ainsi que la trêve respectée unilatéralement par l’organisation depuis plus d’un an.

Nous appelons les responsables de la politique étrangère luxembourgeoise à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher une telle décision et pour placer le Gouvernement israélien devant ses responsabilités : La solution à ce conflit si long et cruel ne peut être que le retrait de l’armée israélienne aux frontières de 67, le partage de Jérusalem et la reconnaissance formelle du droit au retour des réfugiés.

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