Proche-Orient : Halte aux crimes de guerre !

Les événements au Proche-Orient constituent une dangereuse escalade des violences et comportent les risques d’une extension du conflit. Israël prétend répondre à la capture de trois soldats en détruisant les infrastructures civiles au Liban et à Gaza : centrales électriques, aéroports, ports maritimes, routes, ponts, canalisations, ministères, universités, centres de communication et de transport… Ses bombardements de maisons déciment des familles entières (225 morts à ce jour au Liban, dont 210 civils), 86 à Gaza. En réaction, tout aussi aveugles sont les bombardements du Hezbollah sur les localités israéliennes (20 morts à ce jour) : des actes terroristes de part et d’autre, commis par des combattants armés sans doute financés par l’Iran face à une armée puissante financée par les Etats-Unis.

La réaction complètement disproportionnée et préparée de longue date du gouvernement israélien, de plus en plus sous la tutelle de son armée, ravage un Etat indépendant (600 millions d’euros de dégâts en quelques jours suite aux déclarations d’un ministre israélien promettant de « bombarder le Liban vingt ans en arrière ») et aggrave la crise humanitaire à Gaza, déjà catastrophique. Elle a pour but de détruire le gouvernement Hamas, pourtant issu d’élections jugées correctes par tous les observateurs internationaux, notamment européens. Elle vise à semer la terreur, le chaos et rendre Gaza ingouvernable. Le Ministère de la Santé palestinien évoque même l’usage par l’armée israélienne de nouvelles armes chimiques et radioactives contre les civils. La brutale offensive militaire israélienne cherche à semer les tensions inter palestiniennes et interlibanaises, avec un risque de guerre civile, à l’image de la guerre civile que les Etats-Unis ont causée en Irak. La politique israélienne, avec le soutien sans ambiguïtés du gouvernement Bush, joue avec le feu et constitue bel et bien une menace pour la paix dans le monde.

L’enlèvement des deux malheureux soldats à la frontière libanaise a été précédé par celui de 30 ministres et parlementaires palestiniens par Israël. Elle ne saurait pas non plus faire oublier les 12 000 Palestiniens qui croupissent dans les prisons israéliennes, dont 169 femmes et 400 enfants (chiffres du Comité International de la Croix-Rouge). Ces personnes sont souvent arrachées en pleine nuit de leur lit par des escadrons de l’armée d’occupation. 757 prisonniers se trouvent en « détention administrative » et n’ont le droit ni de connaître le motif de leur incarcération ni de bénéficier d’une quelconque assistance juridique. Selon l’organisation israélienne des Droits de l’Homme Bet’selem, 85% de ces prisonniers sont torturés.

Les raisons de sécurité mises en avant par le gouvernement israélien sont des prétextes pour changer, à l’appui de sa supériorité militaire, les rapports de force dans la région à son avantage, au mépris de toutes les règles du Droit international, en particulier des conventions de Genève. Rien ne saurait justifier la punition collective infligée aux peuples palestinien et libanais.

Nous appelons l’Union Européenne à condamner haut et fort tous les actes de violence contre les populations civiles et toutes les atteintes à la souveraineté nationale d’un Etat. Israël doit être tenu responsable des pertes de vies innocentes et des énormes destructions dans les Territoires occupés et au Liban. Il est de la responsabilité de l’Union Européenne de respecter et faire respecter les choix démocratiques des peuples palestinien et libanais. Toutes les personnes détenues ou capturées doivent être libérées. Les résolutions des Nations unies doivent être respectées une par une, à commencer par celles qui appellent à la fin d’une occupation qui dure depuis 39 ans.

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