« Netanyahou procède par étapes à des transformations dangereuses »

Le député, chef de file de la Liste unifiée, troisième force de la Knesset, qui œuvre pour la paix, dénonce la politique du gouvernement israélien le plus extrême de l’histoire du pays. Il montre que les intérêts des populations juive et palestinienne sont les mêmes. « Si nous voulons peser alors nous devons nous intégrer dans le jeu politique », souligne-t-il.

EST-CE QUE L’ACTUEL GOUVERNEMENT ISRAÉLIEN EST LE PLUS EXTRÉMISTE DE L’HISTOIRE D’ISRAËL ? SI OUI, COMMENT CELA SE TRADUIT-IL ?

AYMAN ODEH : Cette question est complexe. En tant que Palestinien citoyen d’Israël, il me faut rappeler tout ce qui s’est passé depuis l’époque Ben Gourion : l’expropriation des terres, les assassinats et les crimes commis dans plusieurs endroits contre les Palestiniens. On peut cependant dire que le gouvernement Netanyahou est le plus extrémiste de ce que nous avons connu ces quarante dernières années. Benyamin Netanyahou procède par étapes à des transformations extrêmement néfastes et dangereuses.
Par exemple, la dénonciation permanente de citoyens arabes est quelque chose que nous n’avions pas connu depuis 1948. Or, c’est devenu une méthode systématique. Lorsqu’il y a eu des négociations de paix en 2008 entre Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, et Ehud Olmert, alors premier ministre israélien, il y a eu quelques avancées mais qui ont été toutes balayées par Netanyahou. Nous sommes loin de tout ce qui avait été presque acté à l’époque. Sur le plan économique, ça ne va guère mieux. Le fossé se creuse entre les riches et les pauvres. Il est vrai que Netanyahou est l’un des plus grands théoriciens du libéralisme sauvage. Et qu’il essaie de mettre fin à un espace démocratique qui existait. Par exemple, il veut mettre la main sur la Cour suprême et poursuivre les organisations non gouvernementales (ONG) israéliennes, qu’il considère comme lui étant hostiles, pour les empêcher de bénéficier d’aides internationales. Il veut également étendre son emprise sur tous les médias. Cerise sur le gâteau : il a un projet pour limiter les prises de parole d’universitaires et d’intellectuels sur ce qu’ils pourraient dire ou plutôt ne pas dire lors de conférences, y compris au sein des universités. Le bilan de Netanyahou est parmi, les plus rétrogrades, de notre monde contemporain > AFPS

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