L’UE face à la colonisation israélienne et au commerce des produits issus des colonies

Un Etat de Palestine : oui, mais quel Etat ? 22 ONG chrétiennes internationales révèlent comment l’Union européenne contribue au développement … des colonies israéliennes et recommandent aux Etats membres d’interdire tout commerce des produits de ces colonies !

Le Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient se félicite de l’admission, le 29 novembre dernier, de la Palestine comme Etat observateur aux Nations Unies avec l’appui de 138 Etats dont celui du Luxembourg. Il est toutefois consterné par la réaction du Gouvernement d’Israël qui a décidé de bloquer le transfert aux Palestiniens du produit des taxes et droits de douane qui leur est dû et de lancer la construction de 3 000 nouveaux logements dans les territoires occupés. Déjà les deux dernières années, il avait décidé d’y construire 16 000 nouveaux logements alors que plus de 500 0000 colons vivent déjà dans ces colonies. Le Comité invite notre Gouvernement à faire connaître sa ferme opposition à cette décision comme l’ont déjà fait plusieurs gouvernements européens.

Car l’UE ne cesse de déclarer que les colonies israéliennes dans les Territoires Palestiniens Occupés (TPO) sont illégales au regard du droit international, qu’elles constituent un obstacle à l’instauration de la paix et qu’elles risquent de rendre impossible une solution à deux États.

Hélas, l’UE suit en même temps une pratique qui est entièrement contraire à cette politique et qui contribue au développement de ces colonies. C’est ce que révèle le rapport intitulé ‘La paix au rabais : Comment l’UE renforce les colonies israéliennes’ que 22 organisations non gouvernementales (ONG) chrétiennes internationales d’une dizaine d’États européens viennent de publier (à télécharger sur : www.paixjuste.lu ). En effet, selon ce rapport, l’UE importe de plus en plus de marchandises de ces colonies illégales; aujourd’hui, ces importations se montent à une valeur annuelle 230 millions d’euros, soit quinze fois plus importante que celles provenant des Territoires Palestiniens Occupés (TPO) (15 millions d’euros). Par ailleurs, différentes entreprises européennes investissent dans les colonies ou leur fournissent des services.

Le rapport dénonce également les nombreuses pratiques de harcèlement à l’égard des Palestiniens et notamment le système discriminatoire à deux vitesses mis en place entre les colonies, qui bénéficient d’une série d’avantages, et les Palestiniens, qui sont gravement limités sur le plan de la circulation, sur le plan commercial – le rapport parle de ‘restrictions écrasantes’ – et sévèrement pénalisés dans plusieurs domaines tels que l’accès à l’eau et la destruction de maisons.

Selon la recommandation 3 du rapport, nous demandons à notre Gouvernement de prendre, dans un souci de cohérence et de crédibilité, les mesures nécessaires pour interdire tout commerce des produits de ces colonies sur le territoire luxembourgeois et d’intervenir dans le même sens – et à l’instar du gouvernement irlandais -, auprès de l’UE et au niveau de l’ONU.

Ce rapport conforte également notre Comité – comme les associations d’autres États membres de l’UE – dans ses positions, y compris des mesures de boycott à l’égard d’un État qui continue de violer systématiquement et de manière flagrante les normes du droit international, du droit humanitaire et des droits de l’homme.

Cette politique d’Israël constitue également une violation très claire de l’Accord d’Association que l’UE a conclu avec cet État et notamment de son article 2 qui fonde les relations entre les parties, « sur le respect des principes démocratiques et des droits de l’homme fondamentaux énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (…) ». Sur cette base, et dans la ligne de la récente déclaration de politique étrangère du Ministre des Affaires Etrangères, nous encourageons notre Gouvernement à s’engager en faveur de la suspension de cet Accord si Israël ne se conforme pas, dans un délai déterminé et rapproché, aux obligations de cet article 2.

Nous sommes convaincus qu’une telle approche n’est pas seulement conforme à une justice élémentaire et au droit international, mais aussi dans l’intérêt de la paix et de la sécurité dans la région, dans l’intérêt de l’Europe, tout comme dans l’intérêt des Israéliens et des Palestiniens

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