Lettre ouverte au PM X. Bettel : Reconnaissance de l’Etat de Palestine

Il est temps que le Luxembourg reconnaisse l’État de Palestine.

La tragédie que connaît la Syrie ne doit pas nous faire oublier la persistance dangereuse du conflit israélo-palestinien. Depuis plusieurs mois, une vague de violence se développe dans les territoires palestiniens, à Jérusalem et en Israël même. Si nous la déplorons vivement, nous ne saurions oublier qu’elle traduit la frustration et l’humiliation que les Palestiniens ressentent après cinquante ans d’occupation militaire et policière par Israël. Nous constatons une nouvelle fois que la répression de ces actes par Israël est largement disproportionnée par rapport aux victimes israéliennes de ces actes de violence.

En attendant, et en violation flagrante du droit international, Israël ne cesse de renforcer l’annexion de Jérusalem Est, la construction d’un mur spoliateur, l’installation de 650 000 colons et l’enfermement de Gaza, une prison à ciel ouvert. Cette situation est aggravée par la récente décision d’Israël de construire une colonie de près de 400 hectares à Gvaot près de Bethlehem, une des plus grandes des dernières décennies.  

Ces faits conduisent notre Comité à réitérer au Gouvernement luxembourgeois sa demande de s’engager en faveur d’une suspension de l’accord d’association entre Israël et l’Union européenne tant que la colonisation se poursuivra et que les droits humains des Palestiniens ne seront pas respectés. Cette demande a été formulée par près de 70 membres du Parlement européen, par plus de 300 organisations des droits de l’homme, de syndicats et de partis politiques de toute l’Europe, et plus récemment par un Collectif d’Ambassadeurs français.  Une telle suspension devrait également s’appliquer à la coopération économique et scientifique privilégiée dont bénéficie Israël avec l’appui du contribuable luxembourgeois.

Pour notre Comité, le non-respect du droit international par Israël devrait être sanctionné par des mesures concrètes telles qu’appliquées par l’UE à des pays comme la Russie. Une telle cohérence ajouterait à la crédibilité de l’Europe.

Le Luxembourg a dit « oui » aux Nations unies à l’accession de la Palestine au statut d’Etat non-membre. Notre Comité considère que le Luxembourg ne devrait plus reporter la reconnaissance de l’Etat de Palestine dont le principe a été reconnu par la Chambre des Députés. Il est irréaliste et erroné de continuer à lier cette reconnaissance aux résultats d’une hypothétique relance d’un processus de paix. Une telle position revient à méconnaître que la volonté politique nécessaire du côté du gouvernement israélien n’existe pas comme l’a souligné du reste, à plusieurs occasions, notre Ministre des Affaires Etrangères.  

Alors que les Etats-Unis ont abandonné pour un avenir prévisible, toute initiative de relance des négociations de paix, l’Union européenne ne cesse, pour l’essentiel, de se condamner à l’impuissance alors qu’il y va également de sa propre sécurité. Le risque d’un embrasement généralisé à tout moment de toute cette région ne saurait pourtant être sous-estimé. Nous ne saurions rester indifférents face à l’impasse dans laquelle s’engage la société israélienne et face au système d’apartheid auquel reste condamné le peuple palestinien toujours privé de liberté et de dignité.

Ni le silence, ni l’inaction ne feront progresser la cause de la paix dans cette région. En reconnaissant l’Etat de Palestine, le Luxembourg ferait avancer la justice et la paix dans cette partie du Proche-Orient. Il suivrait ainsi l’exemple de plus de 135 Etats dont huit Etats membres de l’UE – y compris la Suède – qui à ce jour ont déjà reconnu l’Etat de Palestine.

Communiqué du Comité pour une Paix Juste au Proche Orient (CPJPO)

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