La situation des Droits humains dans les TPO reste dramatique

Le 09 juillet prochain marquera le 44ème anniversaire de l’occupation par Israël de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. La situation dramatique des droits humains évoquée dans le rapport d’Amnesty International de 2007 intitulé « Une occupation persistante : les Palestiniens de Cisjordanie en état de siège » est, hélas, toujours d’actualité.

Le mur/barrière de 700 km érigé par Israël et s’étendant du nord au sud de la Cisjordanie, encercle toujours des villages palestiniens et des quartiers entiers de Jérusalem Est et de ses environs. Bien qu’en juin 2004, dans un avis consultatif, la Cour internationale de justice ait estimé à l’unanimité que la construction du mur dans les territoires palestiniens occupés était contraire au droit international et qu’Israël avait l’obligation de démolir les portions qui y avaient déjà été construites et d’apporter réparation aux palestiniens affectés par cette construction, rien n’a changé, le gouvernement israélien ayant rejeté ces recommandations. Ce mur, dont la plus grande partie n’est pas construite sur la Ligne verte (ligne d’armistice de 1949 qui sépare l’Etat d’Israël de la Cisjordanie occupée) sépare toujours de nombreux Palestiniens de leurs terres, de leur travail et de leurs proches. Les couvre-feux prolongés et les quelque 600 postes de contrôle, barrages routiers et autres obstacles israéliens continuent d’empêcher les palestiniens d’accéder aux services de base tels que les soins et l’éducation.

Même lorsque les Palestiniens manifestent pacifiquement contre le mur/barrière, avec le soutien de sympathisants israéliens et internationaux, les forces israéliennes recourent bien souvent à une force excessive. Au cours des dernières années, les forces israéliennes ont tué dix personnes, notamment un garçon de 10 ans et deux adolescents, ainsi que Iwahir et Bassem Abu Rameh du village de Bil’in, et en ont blessé beaucoup d’autres, parfois très gravement. Les autorités israéliennes n’ont absolument pas démontré de manière crédible que les personnes tuées avaient menacé la vie des soldats impliqués dans ces actes.

Tout comme les années précédentes, de nombreuses familles de Cisjordanie et de Jérusalem-Est ont été expulsées, des centaines de personnes se sont retrouvées sans logement et les habitations, construites sans autorisation (les permis de construire étant systématiquement refusés aux Palestiniens) ont été détruites. Simultanément, les autorités occupantes continuent de permettre l’expansion des colonies israéliennes sur des terres palestiniennes saisies illégalement. Les populations bédouines du désert du Neguev et de la vallée du Jourdain sont également visées par les expulsions forcées.

L’impunité reste la norme pour les soldats et les membres des autres forces de sécurité, ainsi que pour les colons israéliens responsables de graves atteintes aux droits fondamentaux des Palestiniens, notamment d’homicides. Dans les rares cas où des membres des forces de sécurité israéliennes ont été déclarés coupables, les peines prononcées ont été extrêmement légères.

Dans la bande de Gaza, depuis près de cinq ans maintenant, les Palestiniens continuent de faire face à une situation humanitaire dramatique. Malgré le retrait des colons israéliens installés illégalement à Gaza en 2005, les autorités israéliennes ont conservé le contrôle sur l’espace aérien de Gaza, ses frontières terrestres avec Israël et ses eaux territoriales, comme l’a montré l’an dernier l’action militaire contre la flottille humanitaire qui faisait route vers Gaza et au cours de laquelle neuf militants internationaux ont été tués. Le blocus imposé par l’Etat d’Israël aux 1,4 million de Palestiniens vivant à Gaza — punition collective condamnée par le droit international humanitaire, continue de restreindre l’entrée de nourriture, de carburant et d’autres biens de première nécessité et les entrées et sorties pour raisons médicales sont limitées et retardées. Ce blocus continue malgré le rapport établi par le juge sud-africain Goldstone suite à l’opération « Plomb durci » de 22 jours en décembre 2008-janvier 2009, confirmant lui-même les conclusions de la recherche effectuée sur le terrain par Amnesty International. Outre le fait que 1380 Palestiniens, dont au moins 330 enfants et plusieurs centaines de civils adultes, ont été tués, la plus grande partie de Gaza a été rasée et l’économie ruinée, les infrastructures de base ont été détruites et des milliers de Palestiniens se sont retrouvés sans logement. Le blocus a alors entravé, voire totalement empêché les efforts de reconstruction. Ce blocus continue aujourd’hui et continue d’entraver la reconstruction.

L’Acat Luxembourg, Amnesty International Luxembourg, l’ASTM et le CPJPO ne perdent pas de vue les préoccupations légitimes d’Israël en matière de sécurité, ni l’obligation qu’a le gouvernement israélien de protéger la population sur son territoire, mais ceci ne saurait en aucun cas justifier des violations flagrantes du droit international, comme la construction du mur-barrière à l’intérieur des terres palestiniennes, l’extension des colonies israéliennes, la poursuite du blocus de Gaza et d’autres violations des droits humains.

A l’occasion du 7ème anniversaire de l’avis de la Cour de justice internationale sur l’illégalité de la construction du Mur dans les Territoires palestiniens occupés, l’Acat Luxembourg, Amnesty International Luxembourg, l’ASTM et le CPJPO demandent aux autorités israéliennes de tenir compte de cet avis et de :

  • mettre un terme à la construction du mur/barrière et démanteler les tronçons du mur construits à l’intérieur des territoires occupés
  • mettre un terme à l’expansion des colonies israéliennes sur des terres palestiniennes saisies illégalement, y compris à Jérusalem-Est
  • garantir la liberté de mouvement, n’exercer aucune discrimination à l’égard de la population des territoires occupés et ne lui infliger aucune sanction collective, conformément au droit international et au droit relatif aux droits humains.

    Les quatre associations appellent également la communauté internationale à veiller à ce qu’Israël respecte ses obligations au titre du droit international humanitaire et du droit relatif aux droits humains, conformément à la Quatrième Convention de Genève et à veiller à ce que les droits humains fassent partie intégrante de toutes les négociations ainsi que des accords intérimaires et de tout accord final. Elles insistent aussi particulièrement pour qu’Israël lève le blocus de Gaza, complètement et durablement, et pour que l’Union européenne et chacun de ses États membres incitent Israël à agir en ce sens.

    Le samedi 9 juillet, l’Acat Luxembourg, l’ASTM et le CPJPO tiendront un stand d’information sur la place Piquet (près de la poste – centre) de 14h00 à 18h00 et mettront à la disposition du public de la documentation utile pour mieux comprendre la problématique du mur/ barrière et la situation dans les Territoires palestiniens occupés – y compris le blocus de Gaza, et répondront aux questions qui leur seront posées.

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