Gaza – situation humanitaire inadmissible !

Au moment où le monde s’apprête à commémorer le 60e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, les 1,5 millions d’habitants de la bande de Gaza sont privés de leur dignité et des droits humains les plus essentiels : emprisonnés dans une bande de terre minuscule et surpeuplée, la plupart d’entre eux n’arrivent plus à satisfaire leurs besoins vitaux. Trois ans après le « désengagement » de ses colons et de son armée, l’Etat d’Israël continue à contrôler air, mer et terre : en termes de Droit international, la bande de Gaza reste un territoire occupé.

Mais c’est surtout le blocus implacable qui rend insupportable le quotidien de la population : Depuis 18 mois, Israël boucle les 7 passages frontaliers, ne laisse passer vivres, médicaments, carburants et autres produits de première nécessité qu’au compte gouttes et va même jusqu’à bloquer les aides humanitaires des Nations Unies. A la tribune de la Chambre des Députés, le Ministre Jean Asselborn vient de déclarer : « …il est inacceptable que l’aide de l’UNRWA, qui prend en charge 750 000 personnes dans la bande de Gaza, reste bloquée par Israël ». L’Etat hébreu se rend ainsi coupable, en violation des Conventions de Genève, d’une punition collective contre une population entière constituée à plus de 50% d’enfants en-dessous de 15 ans.

Et pourtant les appels internationaux en faveur d’une levée du blocus ne manquent pas. Il y a plus d’un an, le 11 novembre 2007, le Parlement européen, invoquant une crise humanitaire grave, avait appelé Israël à lever le blocus. Le Secrétaire Général Ban Ki-Moon et le Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme, Mme Navi Pillay, dénoncent une violation du droit humanitaire. De nombreuses organisations internationales appellent l’Etat d’Israël à ouvrir les points de passage vers Gaza. En réponse à cela, les autorités israéliennes renforcent l’isolement en interdisant depuis deux semaines l’accès à Gaza à tous les journalistes.

Aujourd’hui en novembre 2008, un million de Gazaouïs dépendent de l’aide humanitaire et risquent la famine. 60% des enfants souffrent de malnutrition (chiffres de l’ONU). Le taux de chômage atteint 65% car 97% des usines et ateliers ont cessé de travailler faute de matières premières. Le revenu par personne est de 1,36€ par jour. La liberté de circulation entre la bande de Gaza et la Cisjordanie, Jérusalem et le monde extérieur est inexistante. 260 malades ont péri faute de soins à l’étranger ou de médicaments. Le blocage par Israël des livraisons de carburants empêche le fonctionnement des centrales électriques et des services d’épuration : Un million de gens vivent régulièrement dans l’obscurité totale et certains hôpitaux doivent interrompre les interventions chirurgicales. Les habitants ne disposent plus d’eau potable et les eaux polluées se déversent telles quelles dans la mer ou s’infiltrent dans les nappes phréatiques.

En commémorant le 60e anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, ne fermons pas les yeux sur cette situation inacceptable et souvenons-nous qu’aujourd’hui plus que jamais le peuple palestinien a besoin de la solidarité internationale !

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