Demande grandissante de libération de Khalida Jarrar : 275 organisations signent l’appel pour que soit libérée la dirigeante palestinienne emprisonnée par Israël

Le soutien international à la parlementaire palestinienne détenue Khalida Jarrar continue à augmenter. La dirigeante palestinienne de gauche et féministe, avocate des prisonniers palestiniens, est depuis un an emprisonnée par Israël sans inculpation ni jugement. L’armée israélienne a ordonné son maintien en détention administrative pour quatre autres mois, prolongation en attente d’approbation par un tribunal militaire de l’occupant.

275 organisations dans le monde, des partis politiques, des organisations féministes, des associations de solidarité, des organisations d’étudiants, des mouvements pour la justice sociale, et d’autres, ont apporté leur signature à la campagne pour faire libérer Khalida Jarrar, se sont rassemblés en une déclaration commune pour exiger la libération de celle-ci. Depuis que la déclaration a été annoncée la semaine dernière, plus de 90 organisations ont donné leur aval, parmi lesquelles le troisième plus important parti au parlement turc le HDP (Le Parti Démocratique du Peuple).

En France, le collectif anti-impérialiste Coup Pour Coup 31 – membre du réseau Samidoun – a remarqué l’apparition du graffiti « Free Khalida Jarrar » (« Libérez Khalida Jarrar » ) dans la région de Toulouse, exigeant la libération de tous les prisonniers palestiniens.

Des New Yorkais ont manifesté, le 30 juin, pour exiger la libération de Jarrar, devant les bureaux des « Amis des FDI », organisation qui collecte de l’argent pour l’armée d’occupation israélienne. Les militants de Samidoun et d’autres personnes ont distribué du matériel d’information sur le cas de celle-ci et sur la situation des prisonniers politiques palestiniens dans les prisons israéliennes.

A Berlin, une délégation de Samidoun a rencontré l’ambassadeur d’Afrique du Sud, avec des renseignements sur la situation en Palestine et sur le cas de Khalida Jarrar. Le gouvernement sud-africain a officiellement demandé la libération de Jarrar, dès le moment de son arrestation en 2017.

Et à Gaza, les Palestiniens sont descendus dans les rues pour demander la liberté de Khalida Jarrar et de Hassan Shokeh, un camarade en détention administrative qui est en grève de la faim depuis près d’un mois. Rassemblés devant les bureaux à Gaza du Comité International de la Croix Rouge, les manifestants ont exigé l’abolition de la détention administrative et la libération des prisonniers palestiniens.

Libération de Khalida Jarrar ! Finissez-en avec la détention administrative !

Nous, organisations soussignées, nous unissons pour exiger la libération de la dirigeante politique palestinienne Khalida Jarrar, éminente personnalité de gauche et féministe, défendant les droits des prisonniers et membre du Conseil Législatif Palestinien. Elle est emprisonnée depuis juillet 2017, sans inculpation et sans jugement – et l’occupant militaire israélien vient de déclarer que sa détention sera prolongée de quatre mois supplémentaires.

Le 2 juillet 2017, la maison de Khalida Jarrar a fait l’objet d’une descente d’avant l’aube des soldats israéliens d’occupation. Peu de temps après elle a reçu un ordre de détention administrative, un emprisonnement sans inculpation ni jugement. Elle est l’une des quelque 450 personnes palestiniennes détenues sous le coup de la détention administrative, vestige du mandat colonial britannique qui a été utilisé par l’occupant israélien pour emprisonner des milliers de dirigeants de la communauté palestinienne et de dirigeants politiques, et elle est l’une des quelque 6.100 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes.

En décembre 2017, sa détention a été renouvelée pour une durée de six autres mois. Maintenant, un autre ordre militaire déclare qu’elle sera emprisonnée pendant quatre mois supplémentaires. Les ordres de détention administrative peuvent émis pour une durée allant jusqu’à six mois à la fois et sont indéfiniment renouvelables. Des Palestiniens peuvent passer plusieurs années à la fois en étant emprisonnés sous le coup de ces ordres, sans savoir quand ils pourraient être libérés, voire jamais .

Comme le remarque Addameer (=Conscience), « cette pratique de détention arbitraire est une grave violation du droit international et des normes des droits humains, en particulier des articles 78 et 72 de la Quatrième Convention de Genève qui déclarent qu’une personne accusée a le droit de se défendre lui/elle même. Ceci viole aussi l’Article 66 de la Quatrième Convention de Genève et les normes fondamentales d’un procès équitable. »

Le 2 juillet, il est prévu qu’un tribunal militaire israélien approuve l’ordre de détention. Jarrar, comme tous les détenus administratifs, a , depuis février, boycotté ces audiences, étant donné qu’elles sont de simples séances d’enregistrement utilisées comme feuille de vigne pour « légitimer » l’emprisonnement arbitraire des Palestiniens.

Jarred est une dirigeante politique palestinienne, représentant le Bloc Abu Ali Mustafa Bloc, allié à l’organisation de gauche du Front Populaire de Libération de la Palestine, au Conseil Législatif Palestinien. Elle est une dirigeante et participante habituelle des manifestations et des actions populaires en faveur de la liberté des Palestiniens, une avocate de longue date des prisonniers politiques palestiniens, ancienne directrice exécutive de l’Association Addameer de Soutien aux Prisonniers et de défense des Droits Humains et actuellement membre de son bureau, et présidente de la Commission des Prisonniers au Conseil Législatif Palestinien.

Elle a aussi été active depuis sa jeunesse dans le mouvement des femmes palestiniennes en tant qu’étudiante à l’université pour s’organiser avec d’autres étudiantes pour contester l’occupation. Elle joue un rôle dirigeant dans l’organisation des événements en Palestine de la Journée Internationale des Femmes et travaille en étroite coordination avec les organisations palestiniennes de femmes. « Les Palestiniennes participent à part entière à la lutte palestinienne » souligne-t-elle .

Khalida Jarrar est fortement impliquée dans le combat pour tenir les dirigeants israéliens pour responsables de crimes de guerre devant la Cour Pénale Internationale. Elle est membre de la commission palestinienne chargée de déposer devant la Cour Pénale Internationale les plaintes et les dossiers relatifs aux crimes israéliens ininterrompus contre les Palestiniens, des attaques de Gaza aux confiscations de terres et de la construction de colonies aux arrestations et aux emprisonnements de masse.

Depuis 1998, il lui a été interdit de voyager à l’extérieur de la Palestine occupée. Quand elle a eu besoin de soins médicaux en 2010 en Jordanie, elle a lutté pendant des mois par une campagne publique avant de pouvoir enfin en recevoir. L’occupant israélien a cherché en 2014 à la déplacer de force de chez elle à Jéricho, et, en 2015, l’a arrêtée et emprisonnée pendant 14 mois en raison de ses activités politiques.

La prolongation de la détention administrative de Khalida Jarrar est une tentative d’enlever une efficace dirigeante de base du mouvement national palestinien. Particulièrement maintenant, quand les gens descendent dans la rue dans toute la Palestine occupée et quand des milliers de personnes manifestent à Gaza dans la Grande Marche du Retour, des dirigeants comme elle font l’objet d’arrestations et d’emprisonnements pour essayer de calmer la lutte des Palestiniens.

Khalida Jarrar est visée en tant que dirigeante palestinienne, que voix palestinienne pour la justice, et que femme palestinienne engagée. Son emprisonnement est encore une autre attaque de la part de l’état colonial israélien contre les Palestiniens luttant pour la liberté, et la détention administrative et l’emprisonnement de masse des Palestiniens constituent deux des armes utilisées pour essayer de briser le mouvement de libération palestinien.

Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour exiger la libération immédiate de Khalida Jarrar, la fin de la politique et de la pratique de la détention administrative et la libération des prisonniers politiques palestiniens détenus dans les prisons israéliennes. Nous nous engageons à lutter pour la justice par des manifestations, des actions, l’organisation et l’accentuation des actions de boycott, désinvestissement et de sanctions à l’encontre d’Israël, avec l’état d’sprit de résistance de Khalida …

Signataires : AFPS

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