Déjà dans les années 80 : le plan de « remodelage du Moyen-Orient »

Une stratégie persévérante de dislocation du monde arabe : dans la vidéo précédente « La Syrie, les missiles et la guerre » il est fait allusion par un participant au plan Oded-Yinon de remodelage au Moyen Orient … datant de 1982 !

Le « Plan Yinon » a pour objectif de créer des mini-Etats antagonistes au sein du monde arabe. Ce plan fut présenté dans un article intitulé « Stratégie pour Israël dans les années 80 » par Oded Yinon, fonctionnaire du ministère israélien des Affaires étrangères – quelques mois après la première guerre israélo-libanaise. Il s’agit d’une théorie géopolitique devant modifier l’équilibre des forces au Moyen Orient en faveur d’Israël. Théorie (**) reprise et développée par Richard Perle et le groupe néoconservateur de l’Institute for Advanced Strategic and Political Studiesdans un mémorandum destiné au premier ministre israélien Netanyahou datant de 2006.

… La décomposition du Liban en cinq provinces préfigure le sort qui attend le monde arabe tout entier, y compris l’Egypte, la Syrie, l’Irak et toute la péninsule arabe ; au Liban, c’est déjà un fait accompli. La désintégration de la Syrie et de l’Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes, comme au Liban, est l’objectif prioritaire d’Israël, à long terme, sur son front est ; à court terme, l’objectif est la dissolution militaire de ces Etats. La Syrie va se diviser en plusieurs Etats, suivant les communautés ethniques, de telle sorte que la côte deviendra un Etat alaouite chiite ; la région d’Alep, un Etat sunnite ; à Damas, un autre Etat sunnite hostile à son voisin du nord ; les Druzes constitueront leur propre Etat, qui s’étendra sur notre Golan peut-être, et en tout cas dans le Haourân et en Jordanie du Nord. Cet Etat garantira la paix et la sécurité dans la région, à long terme ; c’est un objectif qui est dès à présent à notre portée[16].

L’Irak, pays à la fois riche en pétrole, et en proie à de graves dissensions internes, est un terrain de choix pour l’action d’Israël. Le démantèlement de ce pays nous importe plus encore que celui de la Syrie. L’Irak est plus fort que la Syrie ; à court terme, le pouvoir irakien est celui qui menace le plus la sécurité d’Israël. Une guerre entre l’Irak et la Syrie ou entre l’Irak et l’Iran désintégrera l’Etat irakien avant même qu’il ne puisse se préparer à une lutte contre nous. Tout conflit à l’intérieur du monde arabe nous est bénéfique à court terme, et précipite le moment où l’Irak se divisera en fonction de ses communautés religieuses, comme la Syrie et le Liban. En Irak, une distribution en provinces, selon les ethnies et les religions, peut se faire de la même manière qu’en Syrie du temps de la domination ottomane. Trois Etats – ou davantage – se constitueront autour des trois villes principales : Bassorah, Bagdad et Mossoul ; et les régions chiites du sud se sépareront des sunnites et des Kurdes du nord. L’actuel conflit irano-irakien peut radicaliser cette polarisation[17]

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