Déclaration de Khalida Jarrar, prisonnière politique, à l’occasion de la Journée de la femme

Khalida Jarrar, féministe palestinienne emprisonnée, parlementaire et leader politique, a publié une déclaration de la prison HaSharon à l’occasion de la Journée internationale de la femme, saluant toutes les femmes qui luttent dans le monde. Le message a été remis par l’avocate palestinienne Hanan al-Khatib, qui a visité Jarrar en prison ; elle purge une peine de 15 mois et a été arrêté le 2 Avril 2015.

Sa déclaration :

En ce jour, nous affirmons que nous sommes prisonniers palestiniens en résistance,  une composante du mouvement des femmes palestiniennes, et que la lutte nationale et sociale se poursuit en permanence jusqu’à ce que nous ayons gagné notre libération de l’occupation et notre liberté en tant que femmes de toutes formes d’injustice, d’oppression, de violence et de discrimination.

En ce jour, les femmes palestiniennes marquent l’événement à la lumière des crimes de l’occupation contre les femmes palestiniennes, les enfants, les aînés et les jeunes. Cette année, notre appel met l’accent sur la liberté et l’autodétermination de notre peuple, sur la liberté et l’autodétermination des femmes palestiniennes : obtenir l’égalité et la liberté, mettre fin à toutes les formes d’oppression et d’injustice commises envers elles. Nous faisons partie de la lutte mondiale avec tous les militants pour la liberté des femmes du monde : contre l’injustice, l’exploitation et l’oppression.

Khalida Jarrar

… parlementaire palestinienne de gauche, féministe et avocate des prisonniers politiques, a été condamnée aujourd’hui 6 décembre à 15 mois d¹emprisonnement par un tribunal militaire israélien à Ofer. Après son arrestation par les forces militaires d’occupation, qui ont fait intrusion le 2 avril dans sa maison de Ramallah, l¹emprisonnement de Jarrar, ancienne directrice exécutive et actuelle vice-présidente du bureau des directeurs de l’Association Addameer (= Conscience) de Soutien aux Prisonniers et des Droits de l¹Homme, a déclenché une indignation générale en Palestine, dans le monde arabe et sur le plan international.

Jarrar est membre du Conseil Législatif (= Parlement) Palestinien au nom du bloc Abu Ali Mustafa, le bloc parlementaire affilié au Front Populaire de Libération de la Palestine, organisation de gauche. En 2014, elle a été l’objet d’un déplacement forcé de Ramallah à Jéricho par un ordre de l¹armée d’occupation, qu’elle a réussi à faire échouer après un sit-in qui a duré un mois au bureau du CLP et une campagne internationale de soutien.

En avril, elle a été immédiatement mise en détention administrative sans inculpation ni jugement suite à son arrestation. Une campagne internationale ­comprenant un vote du parlement portugais exigeant sa libération­ s’en est suivie, et elle a alors été inculpée devant les tribunaux militaires israéliens. Bien que les tribunaux militaires fassent preuve d¹une apparence de « jugement », ces jugements ne sont en réalité pas plus justes ou équitables que la détention administrative arbitraire. 99.74% des Palestiniens qui comparaissent devant eux sont déclarés coupables.

Jarrar a été inculpée de douze chefs d¹accusation entièrement politiques concernant son activité politique publique, parmi lesquels les discours qu’elle a prononcés, les réunions publiques auxquelles elle a assisté, et les demandes de libération de prisonniers politiques palestiniens. Elle a été accusée d’ »incitation » pour avoir prétendument appelé à l’enlèvement de soldats israéliens d¹occupation par la résistance palestinienne afin de faire libérer des prisonniers palestiniens. En dépit de cette affirmation de l’armée d’occupation, celle-ci n’a pas pu produire de témoin pour confirmer que Jarrar ait pu dire ceci et les témoins qu’elle a présentés ont tous précisé qu’ils avaient été menacés et torturés pour les amener à témoigner contre Jarrar.

En dépit de la nature éminemment politique des accusations contre Jarrar, une dirigeante parlementaire et politique reconnue internationalement, et du plaidoyer résolu de ses avocats d’Addameer, elle a été déclarée coupable par les tribunaux militaires israéliens comme il est tout à fait classique ­ et condamnée à passer quinze mois dans les prisons de l¹occupation israélienne.

« La déclaration de la culpabilité de Khalida Jarrar ne constitue pas une surprise ; les tribunaux militaires israéliens n’ont pour seule fonction que de constituer un instrument de répression dirigée contre les Palestiniens. Khalida Jarrar est une dirigeante politique palestinienne et une combattante pour la justice internationalement renommée. Elle a consacré sa vie à travailler pour la libération de son peuple et de son pays, et en particulier pour la libération des prisonniers politiques palestiniens, » a déclaré Charlotte Kates, coordinatrice de Samidoun, Réseau de Solidarité avec les Prisonniers Palestiniens…

Plus d’infos sur le site de 

 UNION JUIVE FRANÇAISE POUR LA PAIX

 

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