Communiqué de presse du 27.04 : « Les frappes sur la Syrie : un coup contre les Nations unies »

Les bombardements sur la Syrie du samedi 14 avril 2018 par les Etats Unis, la France et la Grande Bretagne constituent un acte de guerre contre un État souverain etune violation avérée du Droit international.

Les trois gouvernements ont ordonné ces frappes sans consulter ni le Conseil de sécurité des Nations Unies, ni leurs parlements, ni même leurs partenaires européens.  Il est d’autant plus regrettable que le président de la Commission européenne JC Juncker feigne de les approuver lorsque dans sa déclaration il parle d’une « attaque haineuse aux armes chimiques perpétrée par le régime syrien contre des civils ». L’Union européenne ne devrait pas participer au démantèlement des Nations Unies car l’alternative au Droit international est la loi de la jungle !

D’Afghanistan en Irak, en passant par la Libye, la propagande de guerre précédant les agressions militaires occidentales a reposé sur des « fake news ». On connaît la suite : Ces guerres criminelles ont entraîné des centaines de milliers de morts, des millions de réfugiés et ont détruit et morcelé des pays entiers. Elles sont financées par les contribuables, ceux-là mêmes à qui on impose toujours plus de sacrifices et de précarité, alors qu’elles enrichissent des multinationales et les 1% les plus riches. Pour faire la guerre il y a de l’argent, pour accueillir les réfugiés de guerre ce n’est pas le cas, surtout en France.

Tout usage d’armes chimiques (de même que d’autres types d’armes) est un crime inacceptable, quel qu’en soit l’auteur.  Or son usage par le gouvernement syrien n’était pas prouvé au moment des frappes et ne l’est toujours pas. On nous répète qu’il existait des preuves. Sans pourtant les fournir. Frapper à la veille de l’arrivée des inspecteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armements chimiques (OIAC) est un geste de mépris envers les Nations-Unies.

Quoi qu’on pense du président syrien, il appartient au peuple syrien de décider de son rôle, pas à des pays étrangers comme la France de Macron, qui flirte avec l’Arabie saoudite – vente d’armes pour des milliards d’euros oblige – un État qui finance et propage l’islam radical dans le monde entier depuis plus de trente ans et qui mène une guerre sanglante contre le Yémen, guerre qui a causé déjà 14000 morts et une catastrophe humanitaire. En même temps les gouvernements occidentaux s’allient avec Israël qui comme nul autre État viole les résolutions des Nations-Unies, occupe depuis 50 ans le Golan syrien et la Cisjordanie, construit chaque jour de nouvelles colonies – toutes illégales, assassine des manifestants désarmés qui marchent pour la dignité et ne se prive pas d’agresser militairement la Syrie quand bon lui semble.

Il faut s’interroger sur les véritables objectifs de ces bombardements qui en réalité prolongent la déstabilisation de la Syrie et de l’ensemble de la région. Rappelons-nous que Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères français dans le gouvernement précédent, avait fait sienne l’affirmation : « sur le terrain (Syrie) le Front-Al-Nosra (Al Qaïda en Syrie) fait du bon boulot », et que la France, les États-Unis, l’Arabie saoudite (et d’autres) arment et financent des milices armées en Syrie.

Comme l’a dit le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg Jean Asselborn, « On n’arrêtera pas la guerre avec des armes » mais à travers des négociations. Le peuple syrien a assez souffert, il mérite la paix et la démocratie, celle du bas vers le haut, dans le cadre d’un État souverain.

Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient

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