Cactus et la campagne BDS

Notre annonce sur Facebook de la décision de Cactus de ne plus importer temporairement les fruits et légumes en provenance des colonies israéliennes a provoqué des réactions en chaîne.

Cet événement nous amène à resituer le cadre légal et les principes éthiques dans lesquels diverses entreprises ont pu et pourront encore à l’avenir prendre de telles décisions. Par la même occasion, il s’agit de rappeler les fondamentaux de la campagne BDS et de sa mise en œuvre depuis 2007 au Luxembourg et d’opérer quelques mises au point sur certains malentendus.

Résumé du communiqué de presse du jeudi 3 septembre 2015 :

La campagne de B-D-S : origine et raisons d’être

  • La campagne Boycott – Désinvestissement – Sanctions, résulte de l’appel lancé en 2005 par 170 organisations de la société civile palestinienne. Elle soutient la lutte du peuple palestinien pour la justice et la paix par des moyens non violents.
  • La communauté internationale n’applique aucune sanction ; sur le terrain, la situation s’empire. Le boycott est le seul outil pour les citoyens, comme ce le fut contre l’Apartheid.
  • La campagne BDS n’est pas dirigée contre la population d’Israël ni contre des personnes déterminées : elle vise les politiques israéliennes qui nient les droits élémentaires du peuple palestinien.

Les colonies et le droit international

  • Les colonies israéliennes sont toutes illégales parce qu’elles violent la 4e Convention de Genève et plusieurs résolutions des Nations Unies. Elles sont un obstacle majeur à la paix.
  • La Cour internationale de Justice de La Haye, le 9 juillet 2004, a clairement condamné le mur construit par Israël en grande partie sur le territoire palestinien et le système qui y est associé (colonies, barrages, routes de contournement, etc.).
  • Le 1er janvier 2014, sont entrées en vigueur des « lignes directrices » de l’Union européenne en vertu desquelles « toutes les entreprises, institutions ou fondations basées dans les colonies israéliennes sont exclues du bénéfice des subventions de l’UE, des bourses, des prix et des prêts financiers ».
  • Le ministère luxembourgeois des Affaires étrangères a publié le 3 juillet 2014 un avertissement aux entreprises luxembourgeoises sur les risques économiques et juridiques qu’elles encourent en travaillant avec les colonies israéliennes.
  • Une grande partie de fruits et légumes exportés par Israël (agrumes, dattes, poivrons) sont étiquetés « made in Israel » alors qu’ils sont produits dans ces colonies illégales. Les consommateurs sont induits en erreur sur l’origine des produits achetés. Souvent sans le savoir, ils soutiennent par leurs achats les colonies israéliennes et donc tout le système de la colonisation et de l’occupation.

Le BDS au Luxembourg : une campagne par étapes

  • La campagne B-D-S est faite de courriers, rencontres, visites silencieuses et sans tracts dans les magasins vêtus d’un t-shirt: « Israël occupe la Palestine — Je refuse d’être complice – Je n’achète pas les fruits de l’occupation ». Suite à des courriers et une rencontre avec Cactus, la direction nous a informés le 14 août 2015 de sa décision, « en ce qui concerne la thématique particulière des fruits et légumes » « d’arrêter maintenant la vente des produits israéliens …».

Quelques clarifications:

  • Nous ne sommes ni pro-palestiniens ni anti-israéliens. Nous sommes contre l’occupation.
  • C’est la société civile palestinienne qui a lancé l’appel au boycott en 2005, consciente des dommages que cela pourrait causer à certains Palestiniens.
  • Le BDS n’a rien à voir avec la ou les religions. Jamais nous ne confondons, comme le font certains sites web favorables aux colonies, « israélien », « juif », État d’Israël, politiques des gouvernements israéliens.

plus d’infos :

CDP INTREGRAL   

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