Un colloque pour identifier les obstacles au libre débat sur la question israélo-palestinienne

Le colloque qui s’est déroulé le 12 février au Sénat, sous le patronage d’Esther Benbassa, sénatrice EELV de Paris, avait pour ambition d’identifier les obstacles au libre débat sur la question israélo-palestinienne et, partant, à l’action et à la solidarité internationale pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens.
Plus de 200 participants, attentifs et passionnés, ont suivi et participé tout au long de la journée à ces échanges de haute qualité qui se sont conclus par la publication d’une déclaration de principes signée de nombreuses personnalités.
En voici, parmi d’autres, quelques éléments à retenir.Le colloque était introduit par Esther Benbassa qui rappela combien cette question était importante pour elle qui a toujours bataillé contre l’antisémitisme et pour les droits des peuples, en refusant toute concurrence ou confrontation victimaire.Il revenait à Bertrand Heilbronn de préciser l’objectif de l’AFPS à travers cette journée :« En menant ensemble le combat pour le droit et contre l’injustice révoltante faite au peuple palestinien, nous contribuons aussi à la cohésion de la société française et à son « vivre-ensemble ». Face aux attaques ouvertement orchestrées par le gouvernement israélien et ses relais inconditionnels en France, il est grand temps de résister tous ensemble aux intimidations, et de reprendre la parole ». Et de rappeler qu’il revient au président de la République et au gouvernement de refuser instrumentalisations communautaires et interventions d’États tiers dans le débat public de notre pays.Deux interventions liminaires contribuaient au cadrage de cette journée.

Celle de Shawan Jabarin, directeur de l’association palestinienne des droits de l’homme Al-Haq et secrétaire général de la Fédération internationale des ligues droits de l’homme (FIDH) qui passa des années en détention administrative dans les prisons israéliennes sans inculpation ni procès.

« Le monde s’approche du bord du gouffre à cause de la prédominance du langage de la force au détriment des droits de l’homme et de la justice. Dans les pays en conflit, le fossé entre le droit et la pratique s’élargit jour après jour. La Palestine est un exemple des lieux qui ont vécu des injustices historiques. Il est temps aujourd’hui de donner un sens au droit international et à la justice. La France peut jouer un rôle clé en rétablissant la considération et le respect de valeurs telles que la justice et les droits de l’homme. Ces valeurs ne doivent pas faire l’objet de négociations politiques. »

Et de souligner qu’il en va de l’avenir même de la société palestinienne, et spécialement de sa jeunesse qui a droit à un avenir de liberté.

Celle de Lea Tsemel, avocate israélienne et défenseuse des droits de l’Homme pour qui

« laisser Israël dans l’impunité est le plus mauvais service que vous pouvez rendre au peuple israélien… Il en est des peuples comme des enfants : dénoncer les crimes de l’occupation coloniale israélienne n’est pas seulement faire justice aux Palestiniens, mais empêcher que la société israélienne se jette dans le précipice. »

Citations 

Dominique Vidal, journaliste et historien, auteur de nombreux essais sur le Proche-Orient

« Pourquoi le président de la République a-t-il fait sien cet étrange amalgame qui confond dans une même réprobation un délit – le racisme anti-Juifs, condamné comme toutes les autres formes de racisme par la loi – et une opinion – qui conteste la nécessité d’un État pour tous les Juifs ? »

Rony Brauman, médecin, professeur et essayiste

« Il est permis en France, et il n’y a rien de choquant à cela, d’appeler à faire la guerre à des régimes qui ne nous ont pas agressés. Il est également permis d’appeler à boycotter tel ou tel pays, tel ou tel événement. Sauf lorsqu’il s’agit d’Israël. On doit s’interroger, pour mieux le contrer, sur les raisons de ce statut exceptionnel qui ne fait que nourrir les discours qu’il prétend combattre. »

Rebecca Vilkomerson, directrice exécutive de l’association américaine Jewish Voice for Peace (Voix Juive pour la Paix)

« Être antisioniste ou non-sioniste ne vous rend pas antisémite. L’hypothèse contraire ignore l’histoire, y compris une longue histoire juive d’opposition au sionisme, et ignore la réalité de la façon dont le sionisme est vécu par ses victimes. Cela ne nie en aucun cas la gravité de l’antisémitisme de traiter de manière aussi sérieuse la dépossession des Palestiniens par Israël. »

Hugh Lanning, président de l’organisation Palestine Solidarity Campaign au Royaume Uni

«Les Palestiniens vivent sous un régime d’apartheid qui les défavorise systématiquement dans tous les aspects de leur vie. Le monde a été complice en permettant cette oppression par Israël. Il est de notre responsabilité de redresser le tort qui est fait chaque jour aux Palestiniens qui vivent sous occupation militaire. Interdire les critiques et les partisans du Boycott, du Désinvestissement et des Sanctions ne fera pas taire l’opposition, mais exposera plutôt les fausses déclarations de démocratie d’Israël. Nous continuerons à défier les actes inhumains d’Israël et à résister à ceux qui cherchent à nous faire taire. »

Pascal Durand, député européen

« Israël n’est pas un Etat hors du temps, Israël n’est pas un Etat hors du droit. »

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DOSSIER DU COLLOQUE

Israël-Palestine : a-t-on le droit de contester la politique israélienne ?

REGARDS CROISÉS ET TABLES RONDES
Organisé par
l’Association France Palestine Solidarité
sous le patronage de Mme Esther Benbassa, sénatrice EELV de Paris
Le lundi 12 février 2018 de 9h à 17h30
Palais du Luxembourg, salle Georges Clemenceau

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