29 novembre : Journée internationale de Solidarité avec le peuple palestinien : Lettre ouverte

Imaginez un instant …

Imaginez. Vous vivez au Luxembourg, depuis 30 ans, 100 ans ou un temps qui se perd dans la mémoire familiale, sur des terres que vous cultivez de génération en génération ou dans une maison pour laquelle vous avez sué sang et eau. Un beau jour, un groupe de personnes se disant descendants de Trévires, qui depuis leur expulsion par les Romains prieraient chaque année pour le retour sur les lieux de culte de leurs ancêtres, débarquent dans votre village. Au début, vous leur faites de la place, ce sont de nouveaux voisins, certains pleins d’idéal et ayant vécu des persécutions là d’où ils viennent. Puis ils se font plus nombreux, réquisitionnent votre terre, puis le rdc de votre maison et finissent par vous pousser dans le grenier. Vous vous indignez, faites appel aux tribunaux, ils vous taxent de racisme antitrévires; vous avez du mal à raisonner vos enfants, certains décident d’utiliser la manière forte pour défendre leurs biens face au silence des instances judiciaires. Au fil du temps, vos enfants sont affublés de l’étiquette infâme de terroristes et vous n’avez plus que vos yeux pour pleurer sur vos arbres arrachés et trouver refuge dans la cabane que ces nouveaux Trévires ont la grandeur de vous abandonner …

 

En 1922, la Palestine mandataire comptait environ 10% d’habitants juifs, une poignée d’entre eux était des juifs palestiniens présents depuis des siècles, d’autres arrivés à partir des années 1880. 90% des habitants étaient donc des Palestiniens musulmans et chrétiens. Suite à la vague d’immigration de 1919 à 1947, la population juive s’est élevée à 30%.

Le 29 novembre 1947, les Nations Unies adoptent le partage de la Palestine qui prévoit un statut international pour Jérusalem, 56% de la Palestine pour un Etat juif et 44% pour un Etat arabe. Après guerres, expulsions, révoltes et négociations de paix, les Palestiniens se sont fait une raison et ont accepté en 1993 le principe d’un Etat palestinien sur seulement 22% de la Palestine mandataire. Or aujourd’hui, la « Palestine des 22% » est en train de disparaitre, rongée par le cancer que sont la colonisation et l’occupation militaire israéliennes. Sa population est contrôlée, réprimée, méprisée, humiliée et à Gaza régulièrement bombardée.

Qu’entreprendre pour que le droit international l’emporte sur la politique du fait accompli et qu’enfin les Palestiniens puissent vivre en sécurité et dans la dignité, comme les Israéliens ? Que l’avenir soit dans deux Etats vivant en paix côte à côte ou dans un Etat unique avec des droits égaux pour tous, seule la pression internationale et la volonté politique de nos dirigeants permettront de dessiner cet avenir et de mettre fin à 70 ans d’injustice.

Martine Kleinberg

Présidente du Comité pour une paix juste au Proche-Orient

 

 

Vous aimerez aussi...